Du Cap, il ne restait plus que 1600 kilomètres avant de rejoindre Pretoria. Les retards bu bateau avaient déjà amputé mon séjour là-bas d'une bonne semaine. Le Train Bleu, sorte d'Orient Express au carré était hors de prix. Alors, je me suis contenté du "Premier Class". Ce qui n'était déjà pas mal. Le seul luxe que je me suis permis durant ce voyage. J'avais envie de me laisser porter dans le calme plutôt que dans le vacarme des bus et des routes rapides. L'horaire du train était conçu de manière à ce que l'on puisse profiter des paysages incroyables. Nous n'étions que seize à bord et c'était une impression d'un autre siècle. Un luxe quelque peu désuet mais paisible. Et qui, finalement, faisait du bien. Après les silences de l'océan, Cape Town m'avait paru assourdissante, ce qui n'était sans doute pas le cas en réalité. Mais que peut-on dire d'une ville où l'on n'est resté que quelques heures, d'un pays où l'on aura à peine posé les pieds?

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À la sortie du Cap, il y a tout d'abord un immense township qui étale toute sa misère sur plus de dix kilomètres. Pourtant, les enfants jouent et rient. Pourtant, on voit leurs parents tout autour d'un grill d'infortune. Après, ce sont les vignobles, les montagnes arides, les désert infinis... Trop d'images diverses pour les mettre ici. Sur la photographie, le train est arrêté à Beaufort West, la ville natale du Professeur Barnard... Lorsque j'étais enfant, je me souviens avoir longtemps écouté sa voix, en direct à la radio, alors qu'il effectuait la première greffe de coeur au monde.