Finalement, un blog, c'est un peu comme un amour lointain dont l'impossibilité vous rend plus fidèle. Un amour lointain, ça ronfle pas la nuit et ça vient juste dans votre sommeil quand le sommeil ne vient plus.
Comme ça, au moins, on a le déplaisir solitaire tranquille.
Ce matin, en me levant au milieu de la pluie, je me suis dit que c'était un peu bête d'abandonner Nyota. Elle ne m'avait rien fait, l'étoile du sud, d'autant moins que je ne l'ai vue que trois minutes pour autant que ma montre n'avance pas.
Ce matin, en me levant au milieu de la pluie, je me suis dit que j'avais digéré les péripéties de mon inutile voyage en Afrique. Je n'ai jamais été un voyageur. J'ai pourtant, ici, cette réputation usurpée. Tout cela parce que j'ai vécu trois années au Mexique. Et que, sans doute, vu de Belgique, les gens qui me connaissent peu s'imaginaient que j'étais sans cesse sur les routes. Ce qui était très loin d'être le cas. D'autres langues, plus désobligeantes, contaient partout que j'y étais aux frais de la princesse, à savoir de ce semblant d'Etat qu'est la Belgique, alors que j'y étais clandestin.
Mais, cela, c'est le passé. Ce proche déjà lointain ou ce lointain très proche encore.
Voyager ne sert à rien. Sinon pour la mémoire des yeux ou la beauté de langues que l'on ne connaît pas. À quoi bon partir puisque l'on sait toujours, qu'à part un accident, l'on va bientôt revenir?
À quoi bon partir, en plus, lorsque l'on sait que l'on vit, depuis bientôt trente ans, dans la plus laide ville du monde?
Alors, ce matin, en me levant au milieu de la pluie, j'ai eu envie de décrire ce hameau sur terre. Peut-être pas au jour le jour, mais quand ça me démangera aux entournures. Des mots entendus au coin de la rue, quelques photos peut-être, des anecdotes, du rien de rien, des petites choses...